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Publié le le 16 novembre

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Quand les médias maquillent leur suicide en meurtre

par La rédaction le Novembre 2007 à 19h27
Lorsque les journalistes locaux se rencontrent, c’est seulement pour pratiquer la langue de bois et se transformer en publicitaire
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Il n’y a pas grand monde ce jeudi 8 décembre dans le grand amphi de l’université Stendhal. Une soixantaine de personnes sont venues assister au débat intitulé « Les nouvelles technologies tuent elles le journalisme » organisé par le Centre de formation des journalistes*.

La vérité ne tient qu’à un fil…téléphonique

Apres un échange d’amabilités avec Henri Pigeat, le président du CFJ, Yannick Vallée, le président de l’Université Joseph Fourier, ouvre le « débat » en affirmant que pour lui, un bon média, c’est un média qui relaye ce qu’il a à dire. Et si les plaquettes de communications de l’université ne suffisent pas, c’est seulement parce qu’elles ne touchent pas autant de monde que le Dauphiné Libéré. Ca commence fort, mais on n’a encore rien vu.
La première intervention émane d’Isabelle Simon. Son nom est inconnu dans les médias. Normal, elle est directrice des relations régionales d’SFR. Oui, ça n’a rien à voir avec le journalisme, mais ça ne l’empêche pas d’avoir un gros temps de parole. L’échange est surréaliste entre elle et Didier Vachon, le directeur de France Bleu Isère transformé en animateur, qui lui offre une énorme page de publicité. Sa contribution est inestimable : pour elle, les portables c’est bien parce qu’ils peuvent envoyer des SMS et même recevoir de la vidéo. Didier Vachon renchérit en révélant que grâce aux portables, on n’a plus besoin de chercher des cabines téléphoniques. Catherine Charvet, la directrice de l’information de France Bleu Isère qui est en train de se faire interviewer par son supérieur, ne peut qu’approuver.
Lorsque l’on sait que SFR était en 2004 le sixième plus important annonceur français, avec 197 millions d’euros investis dans la pub, on comprend que les responsables des médias cherchent à garder un bon contact avec l’entreprise.
Jean-Pierre Souchon, le rédacteur en chef du Dauphiné Libéré, est celui qui s’est montré le plus critique. Pour lui, « le rôle du journalisme a mal évolué ces dernières années, il a oublié ses fondamentaux et ses basiques ». Vu qu’il était aux premières loges, on le croit, mais quand on lit le DL, on voit que ça ne l’embête pas trop.

Un débat pluraliste

Le public qui pensait assister à un débat était en réalité face à des personnes toutes d’accord entre elles. Lorsqu’un membre du public, dans le court temps de parole imparti aux spectateurs, ose l’affront, disant qu’il a « l’impression d’assister à une émission de télévision ou information et promotion sont mélangés », ça n’embête pas les orateurs. Ils débutent tous par « j’aimerais répondre à ce monsieur » mais répondent à côté de la plaque. Soit ils sont très bêtes, soit ils font exprès, on ne sait pas. Arnaud Noblet, enseignant à l’école de journalisme de Grenoble, est allé jusqu’à dire que les journalistes ne pouvaient pas dire n’importe quoi parce qu’ils étaient surveillés.
Mais sa paranoïa ne l’a pourtant pas empêché, comme ses camarades, de dire n’importe quoi pendant deux heures. On admirera la belle leçon de déontologie qu’il donne à ses élèves en mettant sa qualité de journaliste au service d’une entreprise privée. Espérons pour les orateurs qu’ils aient poussé la malhonnêteté jusqu’à toucher de l’argent pour cette mascarade, ce qui leur donnerait une excuse, prouvant qu’ils ne l’ont pas fait par pure idéologie.
Le thème du débat n’a même pas été évoqué. Nous allons donc le faire pour eux, parce que ce n’est pas compliqué de qualifier les relations entre le journalisme et les nouvelles technologies : c’est un peu comme si le jour où on avait inventé le râteau, les fermiers avaient sauté dessus à pied joint.

Cet article a été publié dans Le Torchon N°1



La rédaction

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6 Messages de forum

  •  Posté le 26 avril 16:36, par RADIO PIRATE

    C’est quand même malheureux de devoir assister à une conference où une question bien réelle etait posée ... Des conferences au goût etrange où les problématiques ne sont pas même pas traîtées ! Peut-être que cette conférence devait être prise au second degré et qu’il est bien inutile de poser la question : le journalisme est bien mort ... C’est désormais un fait de société ! On attend avec beaucoup d’impatience la prochaine conference : les programmateurs de radio contribuent-ils à l’appauvrissement musical et culturel ? Peut-être qu’on nous parlera des discothèques et du macumba en nous certifiant qu’il est necessaire d’aller saper le champagne une fois par mois ?! Tout en nous incitant à prendre des forfaits NRJ Mobile parce qu’il faut vivre avec son temps ! N’oubliez pas d’allumer NRJ 12 à votre retour : le plus dur, c’est de l’éteindre ...

  •  Posté le 14 janvier 14:00, par Nicolas Crozel

    quelques réponses :

     d’abord je vous rassure, avant de vous écrire sur ce forum je m’étais déjà procuré le numéro 3 du Torchon...

     par ailleurs on pourrait débattre sur de nombreux points... le mieux dans ce cas là c’est qu’on se rencontre... vous savez ou me trouver... et j’ai donc un nuémro de portable (incrit sur votre journal) on devrait donc y arriver.

    mais quand même 2,3 petites choses...

    concernant Catherine Charvet , je ne lui rend pas hommage, je vous précise juste que votre jugement était un peu hatif sur une personne que vous ne connaissez pas... (un peu hatif et un peu facile)

     concernant le fonctionnement du planning à Radio France, j’en suis sorti (par la bonne porte) il y a quelques mois après pastrès bien ce système... je sais à quel point il peut être pénible pour l’avoir vécu... ( et enrichissant aussi sur de nombreux points... il faut le reconnaitre) et je reste un soutien actif de ceux qui le pratiquent actuellement.. (qui dorment fréquemment sur mon canapé pour pouvoir économiser sur leur frais de mission...) aprèsa voir moi aussi squatter sur de nombreux canapés...

     Ã§a me permet de répondre à "Alain Bedouet" qui m’accuse de bourgeoisie et autre petits qualificatifs méprisants... la vie d’un journaliste à Radio France pigiste cdd et début de cdi c’est plus : hotel miteux, kebab et noel chez les pompiers à 500 km de chez soi, que petits fours et autres coktails... donc là encore, gardez vous bien de juger hâtivement ce que vous ne connaissez pas....

     enfin vous avez le droit de trouver notre travail mediocre... on ne peut pas plaire à tout le monde comme on dit.

    Je vous précise juste que pour juger il faut savoir ce que l’on juge, si vous attendez de France Bleu Isère que ce soit un média engagé, militant, evidemment on ne peut pas répondre à vos attentes...

    nous sommes une radio généraliste de proximité avec des journalistes qui travaillent honnêtement, et qui donnent la parole à toutes les sensibilités...

    Dans l’attente de poursuivre ce débat de vives voix.

    Nicolas Crozel

  •  Posté le 13 janvier 23:51, par Yann/le Torchon

    Cher Confrère

    Votre commentaire, bien que pathétique en plusieurs point, et tout même fort intéressant. Je vous répondrais donc point par point, sans trop je l’espère tomber dans la polémique facile :

    quand on prétend donner des leçons aux journalistes... encore faut il être soi-même irréprochable sur le plan déontologique...

    Dans la suite de votre message, je ne trouves pas où vous évoquez les manquement à la déontologie… peut être pourriez vous m’éclairer ?

    alors permettez moi de soulever 3 points : 1/ on ne juge pas de la liberté de parole, du courage, du caractère d’une personne si on ne la connait pas. Je peux vous assurer que lorsque Catherine Charvet a quelque chose à dire, elle le dit et le fait que ce soit face à son supérieur hiérarchique ne lui pose pas de problème...

    … et elle vous remercie de lui rendre cet hommage !

    ce qui m’emmène au point 2. 2/ si elle n’a pas réagit à l’affirmation de Didier Vachon qui vous parait être le summum de la corruption ou de l’abandon des journalistes au capitalisme : c’est à dire le fait que l’on utilise des portable et non plus des cabines telephoniques en reportage... c’est tout simplement parceque c’est vrai !!!!

    Wouha ! Quel scoop ! Personne n’était au courant !

    et je ne vois pas le rapport avec un abandon au capitalisme... mais c’et vrai nous vivons avec notre temps... les portables existent, on s’en sert et ça a changé notre vie de reporter...car avec notre téléphone on peut faire un "direct" à tout moment sur l’antenne, nous sommes débarrassés des contraintes techniques et nous pouvons nous concentrer sur le fond de nos papiers !!!!

    Justement, parlons de fond. Les « directs Â», que vous pouvez faire à tout moment à l’antenne, sur quoi les faites vous ? Plus généralement, de quoi parlez vous dans vos sujets ? Être « débarrassé des contraintes techniques Â», est ce que ça permet aux journalistes de France Bleu Isère de faire plus d’enquête, plus d’investigations ?

    je vous rassure, SFR (ni aucun autre opérateur d’ailleurs ne nous finance, nous faisons nos direct la plupart du temps à partir de nos portables perso... et c’est nous qui payons nos factures... désolé la réalité est mons croustillante que celle que vous décrivez...

    Encore une fois, bien que vous soyez totalement à côté de la plaque, votre commentaire me permet de rebondir : Est-ce que vous trouvez ça normal de faire vos reportages avec vos portables persos ? Êtes vous assez bien payé pour « offrir Â» votre forfait téléphonique à votre rédaction ? Ce dont je veux parler, c’est évidemment de la précarité du journalisme… N’y a-t-il pas, à France Bleu Isère comme dans les autres agences de France Bleu, un système dit de « planning Â», qui semble être le saint graal que tout journaliste radio rêve d’atteindre. J’explique, brièvement, en quoi ça consiste, pour nos lecteurs profanes : pour rentrer à France Bleu Isère, il faut faire des « piges Â» pendant de nombreux mois, proposer des sujets, s’en voir refuser, travailler pour la gloire tout en essayant de subvenir à ses besoins, avant d’espérer entrer au « planning Â». Il faut donc déjà avoir les moyens de passer cette étape… et ensuite, au planning, une fois la victoire atteinte… Rebelote ! Il faut attendre d’être appelé par France Bleu (Qui est, et c’est toujours bon de le rappeler, une radio publique…) pour avoir droit a des contrats de quelques jours, au mieux de quelques semaines, aux quatre coins de la France. Là, de nouvelles questions, par exemple, peut bien faire son travail en débarquant pour quatre jours dans une ville où l’on a aucun contact ? La réalité est extrêmement intéressante pour qui veut bien la regarder…

    3/ il y a quand même un truc qui m’a interpelé dans votre article... c’est qu’il est posté sur ce site en nov2007... et décrit une conférence qui a eu lieu le... ’’ 8 decembre ’’ l’année n’est pas précisée... alors là je me dis : bravo ! ils sont très forts ces journalistes donneurs de leçons car ils sont, en plus, "voyants" et prédisent l’avenir ... d’ailleurs... quans vous parlez de Yannick Vallée, vous le qualifiez de pdt de l’U3 ce qu’il n’est plus depuis au moins un an... bref, j’ai fait une recherche... cette conférence remonte au 8 decembre 2005 !!!! et ça, évidemment vous ne le mentionnez pas. alors vous oubliez donc une regle fondamentale du journalisme la règle des "5 w" en français : qui/quoi/quand/comment/ou ? pour des journalistes qui sont si prompts à nous donner des leçons, je ne vous félicite pas...

    Je vous remercie pour cette remarque, et nous allons corriger cet « oubli Â». L’explication ? Le Torchon dauphinois est un journal papier… Vous auriez pu le savoir en cliquant sur le lien en bas de page, indiquant que l’article avait été publié dans le N°1. Le texte a été « copié/collé Â» sans retouches, ce qui est un manquement de notre part. Sans vouloir manquer de modestie (et notre journal l’est pour le moins, modeste !), vous auriez aussi pu le savoir en fréquentant les lieux ou milieux, à Grenoble, qui réfléchissent sur le journalisme, qui se posent des questions, et qui essayent de l’améliorer.

    allez j’arrete là mon petit commentaire,.... ah si un dernier point, lorsqu’on se veut donneur de leçons, on a au moins le courage de signer ses articles... et on ne se cache pas derrière un pseudo "la redaction" ... ça fait un peu pleutre quand même.

    Bien que je ne me reconnaisse pas dans le terme de « donneur de leçons Â», nous sommes bien conscient que le Torchon n’est pas la solution à la médiocrité de l’information en France et particulièrement à Grenoble. Si nous pouvons, par nos remarques, nos critiques, faire prendre conscience à nos confrères de leurs erreurs, et ainsi améliorer la qualité de nos médias locaux, ce sera une belle victoire. Si vous tenez absolument à connaître nos noms, rendez vous dans un lieu qui distribue le Torchon, délestez vous de 2€, et vous trouverez toutes les informations que vous souhaitez. Par cette acte, vous oeuvrerez certainement plus pour le journalisme qu’en plusieurs jours de travail à France Bleu Isère, et surtout, vous pourrez lire un excellent journal !

    journalistiquement, Nicolas Crozel journaliste à France Bleu Isère et fier de l’être.

    Une fois le Torchon entre vos mains, n’hésitez pas à nous contacter par mail ou par téléphone, nous serions ravi de poursuivre cette conversation autour d’un verre…

  •  Posté le 13 janvier 17:41, par Bedouet Alain

    cher journaliste encarté, tu révèles des informations cruciales sur cet article qui cause de votre réunion de 2005 mais quand est de toutes celles que vous avez eue ensemble avec les technocrates de la cuvette depuis 2005 ? Combien n’avez vous pas posé les questions qui fachent ? Combien de fois avez vous criminalisés les jeunes et les peuvres par vos propos et vos non relais d’informations ? quand est ce que vous parlerez des liens recherche-armée-industrie, du projet Giant et des conséquences sur la vie des habitant-e-s de grenoble ? rien, hein ? vous ferez de la pub comme d’habitude ? C’est ca, le plaisir de ce boulot c’est les bars et les restos branchouilles entre branchouilles ? Ne voyez vous pas que la ville s’aseptise ? Un jour viendra ou vous ettoufferez de trop de petit four et de propagande pour l’élite bourgeoise avalées...

  •  Posté le 12 janvier 12:18, par Nicolas Crozel

    quand on prétend donner des leçons aux journalistes... encore faut il être soi-même irréprochable sur le plan déontologique...

    alors permettez moi de soulever 3 points :

    1/ on ne juge pas de la liberté de parole, du courage, du caractère d’une personne si on ne la connait pas. Je peux vous assurer que lorsque Catherine Charvet a quelque chose à dire, elle le dit et le fait que ce soit face à son supérieur hiérarchique ne lui pose pas de problème...

    ce qui m’emmène au point 2.

    2/ si elle n’a pas réagit à l’affirmation de Didier Vachon qui vous parait être le summum de la corruption ou de l’abandon des journalistes au capitalisme : c’est à dire le fait que l’on utilise des portable et non plus des cabines telephoniques en reportage... c’est tout simplement parceque c’est vrai !!!! et je ne vois pas le rapport avec un abandon au capitalisme... mais c’et vrai nous vivons avec notre temps... les portables existent, on s’en sert et ça a changé notre vie de reporter...car avec notre téléphone on peut faire un "direct" à tout moment sur l’antenne, nous sommes débarrassés des contraintes techniques et nous pouvons nous concentrer sur le fond de nos papiers !!!!

    je vous rassure, SFR (ni aucun autre opérateur d’ailleurs ne nous finance, nous faisons nos direct la plupart du temps à partir de nos portables perso... et c’est nous qui payons nos factures... désolé la réalité est mons croustillante que celle que vous décrivez...

    3/ il y a quand même un truc qui m’a interpelé dans votre article... c’est qu’il est posté sur ce site en nov2007... et décrit une conférence qui a eu lieu le... ’’ 8 decembre ’’ l’année n’est pas précisée... alors là je me dis : bravo ! ils sont très forts ces journalistes donneurs de leçons car ils sont, en plus, "voyants" et prédisent l’avenir ...

    d’ailleurs... quans vous parlez de Yannick Vallée, vous le qualifiez de pdt de l’U3 ce qu’il n’est plus depuis au moins un an...

    bref, j’ai fait une recherche... cette conférence remonte au 8 decembre 2005 !!!! et ça, évidemment vous ne le mentionnez pas. alors vous oubliez donc une regle fondamentale du journalisme la règle des "5 w" en français : qui/quoi/quand/comment/ou ? pour des journalistes qui sont si prompts à nous donner des leçons, je ne vous félicite pas...

    allez j’arrete là mon petit commentaire,.... ah si un dernier point, lorsqu’on se veut donneur de leçons, on a au moins le courage de signer ses articles... et on ne se cache pas derrière un pseudo "la redaction" ... ça fait un peu pleutre quand même.

    journalistiquement,

    Nicolas Crozel journaliste à France Bleu Isère et fier de l’être.

  •  Posté le 8 octobre 2007 18:47, par Jah

    J’adore la chute. (de cet article, pas celle des médias)

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